Communiqué de presse
3 mai 2013

Contacts

Elisabeth Justome
Chargée de développement culturel et de communication
Inrap, direction interrégionale Nord-Picardie
06 73 73 30 33  – elisabeth.justome@inrap.fr

Christophe Tellier
Chargé de communication
Agglomération de la Région de Compiègne
06 16 33 81 36  – christophe.tellier@agglo-compiegne.fr

Dans la moyenne vallée de l’Oise, des occupations humaines de l’âge du Bronze à l’époque romaine à La Croix-Saint-Ouen

Publié le 6 mai 2013 · Mis à jour le 12 mars 2014
Une équipe de l’Inrap réalise actuellement une fouille archéologique à La Croix-Saint-Ouen (Oise), en préalable à la création et l’aménagement d’un quartier d’habitation par l’Agglomération de la région de Compiègne (ARC). Prescrite par l’État (Drac de Picardie), cette opération, menée sur 3,3 hectares entre mi-mars et mi-juin 2013, révèle plusieurs occupations humaines de l’âge du Bronze (vers 2000 avant notre ère) à l’époque romaine (IVe siècle). Les découvertes confirment la richesse archéologique du secteur et vont contribuer à enrichir nos connaissances sur les occupations humaines qui se sont succédé dans un même espace géographique. En outre, la mise au jour d’un enclos de l’époque romaine dont le plan est inédit à ce jour dans l’Oise ouvre de nouvelles perspectives de recherches.

Un secteur suivi depuis la fin des années 1980

La fouille s’inscrit dans un secteur de sablières de la vallée de l’Oise déjà bien connu des archéologues : depuis la fin des années 1980, les vingt kilomètres compris entre Compiègne et Pont-Sainte-Maxence ont fait l’objet d’un suivi archéologique systématique couvrant à ce jour près de 500 hectares et révélant une centaine de sites, de toutes périodes. Dans les environs immédiats, les fouilles préalables à la construction du collège et d’un centre commercial avaient exhumé des espaces de stockages agricoles datés de 500 ans avant notre ère.

Un site d’habitat et de stockage

Un premier secteur est caractérisé par des occupations humaines s’échelonnant sur plus de 2 000 ans, de l’âge du Bronze (vers 2000 avant notre ère) à l’époque gallo-romaine. Une multitude de trous de poteaux signalent les emplacements d’habitations ou de greniers surélevés. Les premières constatations laissent entrevoir une certaine régularité dans les implantations. A l’écart, une quinzaine de silos creusés dans le sol ont été découverts : servaient-ils à stocker une grande quantité des céréales destinés aux futurs ensemencements ou pour se prémunir de pénuries en périodes de troubles ? Ces silos, associés à la cinquantaine de greniers surélevés, constituent un espace de stockage considérable ; ils confèrent au site un rôle économique important basé sur la centralisation des récoltes. La présence de poids de filets de pêche et de fusaïoles témoigne, qu’en-t-à elle,  d’activités complémentaires liées à la pêche et au filage de la laine.

Un enclos de l’époque romaine

Au Ier siècle de notre ère, un enclos quadrangulaire d’environ 4 500 m² est délimité par le creusement de fossés. On y accédait par un long corridor de plus de 11 mètres de longueur. Ce type de plan est inconnu dans l’Oise. Localisé à la jonction des fossés de l’enclos et du corridor, un dolium, gros vase de stockage en céramique, d’une capacité de 60 litres, pourrait constituer une borne, témoignant d’un ancien système de mesure. Aux abords de l’enclos, un parcellaire au tracé rectiligne révèle les espaces agropastoraux. La carpologie (étude des graines) permettra peut-être de déterminer le type de culture qui y était pratiquée.
Abandonné, l’enclos sert par la suite de carrière de sable. Celle-ci est colmatée au IVe siècle. Dans le comblement, les archéologues ont découvert un grand nombre de tuiles et de blocs de calcaire vraisemblablement issus des constructions gallo-romaines qui jouxtaient l’enclos. L’emploi de matériaux « en dur » (pierres et tuiles) qui se substitue à l’architecture de bois et de terre, est révélateur des changements culturels opérés après la conquête romaine du nord de la Gaule. C’est à l’emplacement de cette carrière qu’a été découvert un dépôt exceptionnel d’outils en fer liés au travail du bois (rabots, limes, gouges...). Si ce type de dépôt n’est pas rare, le nombre d’outils retrouvés ici, près de 50, permettra, après restauration, de disposer d’une panoplie complète d’outils d’un artisan du IVe siècle de notre ère.

Aménagement

Agglomération de la région de Compiègne (ARC)

Contrôle scientifique

Service régional de l’Archéologie (Drac Picardie)

Recherche archéologique

Inrap

Responsable scientifique

François Malrain, Inrap

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  • Plan général du site en avril 2013.  En bas, les espaces de stockage caractérisés par des trous de poteaux et des fosses ; en haut, l'enclos gallo-romain.
    Plan général du site en avril 2013.
    En bas, les espaces de stockage caractérisés par des trous de poteaux et des fosses ; en haut, l'enclos gallo-romain.

    © Erick Mariette, Inrap
  • Vue aérienne du chantier de fouille.  Au  premier plan, l'enclos gallo-romain, et son corridor d'accès de 11 mètres de long/.
    Vue aérienne du chantier de fouille.
    Au  premier plan, l'enclos gallo-romain, et son corridor d'accès de 11 mètres de long/.

    © Refuveille - Balloïde, Inrap
  • Vestiges   en négatif  d'un bâtiment construit en bois, dont ne subsistent plus que les trous de poteaux (ici, un grenier surélevé).
    Vestiges  "en négatif" d'un bâtiment construit en bois, dont ne subsistent plus que les trous de poteaux (ici, un grenier surélevé).

    © François Malrain, Inrap
  • Dépôt d'une cinquantaine d'ouils en fer liés au travail du bois (rabots, limes, gouges)
    Dépôt d'une cinquantaine d'ouils en fer liés au travail du bois (rabots, limes, gouges)
    © François Malrain, Inrap