« L’avenir est une porte, le passé en est la clé » écrivait Victor Hugo. Il y a des années au cours desquelles les découvertes archéologiques sont particulièrement remarquables, où le passé qui surgit éclaire le présent d’une lumière nouvelle. En 2019 et 2020, les archéologues de l’Inrap ont mis au jour des sites et des vestiges qui ont bouleversé les connaissances sur toutes les périodes, du Paléolithique à l’Antiquité.  

Dernière modification
17 juin 2020

Découverte d’une « vénus » paléolithique à Amiens

À l'occasion d'une fouille programmée sur le site d'Amiens-Renancourt (Somme), une équipe de l'Inrap, en collaboration avec le CNRS, a mis au jour une étonnante « Vénus » du Paléolithique supérieur ancien. C’est la quinzième statuette découverte sur ce site qui fut peut-être un atelier orienté dans cette production. Ce gisement préhistorique connu de longue date est l’un des rares témoins du Paléolithique supérieur ancien (35 000-15 000) dans le nord de la France.

Vénus aux cheveux découverte en 2019


Les mégalithes deVeyre-Monton

Des archéologues de l’Inrap ont fouillé une série d’alignements de menhirs dans le Puy-de-Dôme. C’est la première fois que de tels alignements, cairn et statue-menhir sont mis au jour en Auvergne, et plus largement dans le centre de la France. En dépit du caractère nouveau des structures, les éléments de comparaison extrarégionaux permettent, pour l’heure, de situer l’occupation principale du site au sein d’une période couvrant plusieurs millénaires, du Néolithique à l’âge du Bronze.

Quatre sculptures gauloises à Trémuson

Un remarquable ensemble de sculptures gauloises a été mis au jour à Trémuson dans les Côtes-d’Armor : quatre bustes enfouis au milieu du Ier siècle avant notre ère, dont celui d’un homme barbu et moustachu portant un torque autour du cou. Trois d’entre eux ont été découverts dans un puits comblé à la période gauloise qui a également révélé un remarquable seau en bois cerclé de bronze ouvragé. Il est très rare de pouvoir étudier de tels vestiges sur les lieux mêmes où ils ont été enfouis ou abandonnés. 

Quatre vues du buste d’un aristocrate gaulois avec un torque, retrouvé enfoui dans une fosse, Ier siècle avant notre ère

Nouvelle fouille de la tombe de Vix

Le site de Vix en Côte-d’Or est avant tout célèbre pour la tombe de « la Dame de Vix », dont la fouille, menée en 1953, a révélé un mobilier d’une incroyable richesse. Hormis la sépulture, le vaste monument funéraire qui l’abritait n’a jamais été réellement fouillé. En 2019-2020, il a fait l’objet, d’une importante fouille sous la direction de l’Inrap, en partenariat avec le Laboratoire ARTEHIS (CNRS/Université de Bourgogne) et avec le soutien de la Drac Bourgogne-Franche-Comté et de la Communauté de Communes du Pays Châtillonnais. Les nouvelles approches et méthodes de l’archéologie devraient permettre une contextualisation et une compréhension plus fine de cette tombe emblématique du phénomène princier celtique.


Une tombe étrusque en hypogée à Aleria–Lamajone

L’Inrap a réalisé plusieurs fouilles importantes en Corse. Parmi elles, la fouille d’Aleria-Lamajone a permis de mettre au jour une nécropole d’époque romaine, au sein de laquelle, se trouvait, profondément enfouie sous une succession de sépultures, une exceptionnelle tombe à hypogée étrusque du IVe siècle avant notre ère. Après le travail sur le terrain, les travaux en laboratoire et les études (post-fouille) se poursuivent et les résultats se révèlent surprenants.

Vue depuis le nord de la tombe à hypogée de culture étrusque, présentant la chambre funéraire, le couloir et l’escalier menant à celle-ci.

L’exceptionnelle nécropole antique de Narbonne

Aux portes de Narbonne, jouxtant le musée archéologique de Narbo Via, une nécropole antique a été fouillée par l'Inrap. Exceptionnelle par son état de conservation et par le nombre et la diversité de ses structures funéraires, elle s'impose déjà comme le site de référence pour l’étude des pratiques funéraires en Gaule romaine.