Préalablement à la construction de logements par Kaufman & Broad, à Moussy-le-Neuf, une fouille préventive est menée par l’Inrap sur prescription de l’État (Drac Île-de France), d’avril à août 2018. La parcelle de 1,2 ha est située à la limite du centre ancien, à la place d’anciens jardins.

Dernière modification
13 juin 2018

Le Moyen Âge s’étend sur plus de mille ans. L’archéologie met en évidence deux grandes périodes : le haut Moyen Âge (Ve-XIe siècle) et le bas Moyen Âge (XIIe- XVIe siècle). À Moussy-le-Neuf, les recherches concernent notamment un habitat dont les textes attestent la présence dès le IXe siècle. Les archéologues cherchent à retracer son évolution depuis la période mérovingienne (VIe siècle) jusqu’à fin de la période médiévale (XIVe-XVe siècles), ainsi que l’organisation globale du village.
 

L’habitat du haut Moyen Âge

Durant le haut Moyen Âge, plusieurs habitats bordent un chemin qui suit le tracé de la rivière Biberonne sur plus d’un kilomètre. Cet ensemble compose la villa de Moussy-le-Neuf (Munciacum) dont plusieurs secteurs ont déjà été étudiés lors de fouilles ou de diagnostics, notamment les lieux-dits La Fontaine de Brie et La Barogne. La partie fouillée en 2018 au contact du bourg actuel est la plus dense et étendue. Les textes du haut Moyen Âge documentent la villa de Moussy-le-Neuf au IXe siècle, durant les incursions normandes. À cette époque les moines de l’abbaye de Sées (Orne) se réfugient avec leurs reliques à Moussy-le-Neuf. Ils sont à l’origine de l’église Sainte-Opportune, dont les ruines encore visibles servent de bâtiment agricole au cœur du village.
La fouille actuelle ne concerne qu’une partie de ce vaste habitat du haut Moyen Âge, mais par sa densité (2 300 structures) il permet de mieux comprendre la genèse du village. Nombreux fonds de cabanes, silos à grains, fours, foyers et greniers accompagnent des maisons construites sur poteaux plantés avec murs en torchis.


Les sépultures


Plus d’une vingtaine de sépultures du haut Moyen Âge, implantées à proximité des maisons, montrent que le cimetière (probablement situé au cœur du bourg près des églises Saint-Vincent et Sainte-Opportune) n’était pas encore le lieu exclusif des inhumations. L’archéo-anthropologue reconnaît le mode d’inhumation (en linceul, dans un coffrage de bois…) par l’observation attentive de la position des os, il identifie également le sexe, l’âge et l’état sanitaire des défunts. Il peut ensuite dresser le profil démographique de la population inhumée : proportion des enfants et des adultes, des femmes et des hommes, etc. L’étude des traces laissées sur les ossements lui permet aussi de constater l’existence de maladies, de carences alimentaires ou de fractures. Ces éléments permettent de mieux comprendre les conditions de vie d’une population qui n’a pas toujours laissé de traces écrites.


Le village médiéval


L’habitat, dispersé au départ sur toute la parcelle se concentre ensuite après la période carolingienne sur la partie méridionale la plus proche du chemin. Le plâtre fabriqué localement remplace le torchis sur le clayonnage des murs des maisons après l’an Mil.
Enfin l’habitat des XIIIe-XIVe siècles est un grand bâtiment aux fondations de pierre et plâtre pourvu d’une enfilade de pièces dont une est équipée d’une cheminée, et qui possède une cave voûtée. L’occupation perdure ensuite jusqu’à la période contemporaine, limitée à un petit bâtiment encore présent sur les plans anciens.

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Aménagement : Kaufman & Broad
Contrôle scientifique : Service régional de l’archéologie (Drac Île-de-France)
Recherche archéologique : Inrap
​Responsable scientifique : François Gentili, Inrap
​Responsable de secteur : Eddy Sethian, Inrap