Prescrite par les services de l’État (Drac Normandie), cette fouille s’inscrit dans le cadre des travaux de rénovation du centre historique de Rouen (projet Cœur de Métropole).

Dernière modification
18 février 2019

Les archéologues de l’Inrap fouillent le parvis sud de la cathédrale Notre-Dame de Rouen et mettent au jour le plan parcellaire et les vestiges d’un quartier d’habitation médiéval et moderne détruit par les bombardements anglais et américains lors de la Seconde Guerre mondiale.
 

L’étude d’un quartier d’habitat médiéval et moderne disparu sous les bombes

Avant les travaux de reconstruction des années 1950, le quartier de la cathédrale était très dense, avec ses rues étroites, ses édifices en front de rue dotés pour la plupart de caves en sous-sols, ses bâtiments annexes, ses arrière-cours et ses venelles. Les archéologues ont mis au jour différentes maçonneries notamment des caves (avec parfois des arcs de voûte) qu’ils doivent maintenant caractériser et dater. Les données seront confrontées à d’autres sources documentaires afin de comprendre l’organisation de ce secteur clef de la ville, avant sa destruction par les bombardements.

Les remblais liés aux bombardements d’avril-mai 1944 (« semaine rouge ») font l’objet d’une attention particulière. Des restes de murs en béton armé, provenant d'un blockhaus antérieur à 1944 ont été dégagés, ainsi qu’une vieille plaque de la rue du Change et un lot de petites bouteilles en verre, à usage pharmaceutique, calcinées et déformées.

La recherche de l’ancienne église de l’Hôtel-Dieu

Dans quelques mois, lors d’une deuxième phase d’intervention au sud de la rue du Change, les archéologues rechercheront des traces du prieuré et de l’église de la Madeleine, édifiée au XVIe siècle et qui faisait partie jusqu’aux années 1760 de l’ancien Hôtel-Dieu. Après le transfert de l’ensemble hospitalier à l’ouest de la ville, l’église a été détruite et remplacée par un ensemble de petite parcelles occupées par des habitations elles-mêmes détruites en 1944. Il est plausible que certaines maçonneries de l’édifice religieux aient servi de fondations aux maisons des XVIIIe/XIXe siècles. Les archéologues s’attacheront donc à identifier les éventuels murs appartenant à l’église ainsi que les potentiels vestiges associés à ce lieu de culte tels que des aménagements intérieurs ou des sépultures.

Pour aller plus loin

Aménageur : Métropole Rouen Normandie
Contrôle scientifique : Service régional de l’Archéologie (Drac Normandie)
Recherche archéologique : Inrap
Directeur adjoint scientifique et technique : Sylvain Mazet, Inrap
Responsable scientifique : Bénédicte Guillot, Inrap​