À Concarneau, l'Inrap fouille de remarquables bâtiments du Campaniforme (2500 à 2000 av. J.-C.), une période de transition entre la fin du Néolithique et le début de l’âge du Bronze. Cette découverte vient renouveler les connaissances sur cette période en France, jusqu'alors très fragmentaires.

Dernière modification
06 juillet 2021

Depuis le 1er mars, une équipe de l'Inrap a repris son chantier de fouille à Keraorec sud à Concarneau. Prescrites par les services de l’État (Drac Bretagne), ces fouilles sont réalisées en amont de l'aménagement d'un lotissement par l’OPAC de Quimper-Cornouaille, qui comprendra, sur une superficie totale de 7,6 hectares, des terrains à bâtir, des maisons en location-accession et des logements locatifs. Une première tranche de fouilles a déjà été réalisée au cours de l’été 2020.

Des bâtiments en forme d’amande, caractéristiques du Campaniforme

La culture campaniforme se développe en Europe et en Afrique du Nord au IIIe millénaire av. J.-C. Elle doit son nom aux gobelets céramiques en forme typique de cloche retrouvés dans les sépultures.
La fouille de Concarneau a livré quatre bâtiments dont les traces sont remarquablement bien conservées. Chacun est construit sur une tranchée de fondation qui trace un plan au sol en forme d’amande, caractéristique du Campaniforme. L’entrée se situait systématiquement à l’est. Une série de poteaux de bois jointifs étaient installés dans la tranchée : les uns servaient de support à la structure des bâtiments ; les autres à la constitution des parois. Quelques éléments de terre cuite, découverts au cours de la fouille, indiquent que les murs des bâtiments étaient édifiés à l’aide de torchis.


La découverte de Concarneau permet une réelle avancée car les connaissances sur cette période sont très fragmentaires.  À l’échelle de la France, seuls 12 sites archéologiques ont permis d’étudier des constructions campaniformes de ce type (mises en évidence pour la première fois en 2007), chacun de ces sites ayant livré un à trois bâtiment, dans un état de conservation souvent partiel. Les recherches en cours donneront lieu à des études comparatives et permettront de compléter les informations existantes. Il est à noter que tous les sites se localisent à proximité de la façade Atlantique et majoritairement en Bretagne (10 sites sur 12).
 



Des foyers domestiques et de la céramique du quotidien

Les bâtiments campaniformes de Concarneau sont organisés en deux ensemble distincts, distants entre eux d’une centaine de mètres, constitués chacun d’une paire de deux bâtiments, de même taille, de même orientation et quasiment accolés. Pour chaque paire, l’une des constructions livre un foyer domestique en son centre - découverte inédite pour cette période - tandis que l’autre n’en possède pas, ce qui laisse penser que les deux bâtiments remplissaient des fonctions différentes.

La fouille de ces édifices a permis de mettre au jour de nombreux fragments de céramique appartenant au registre des céramiques domestiques, utilisées dans la vie quotidienne. Cette découverte est, elle aussi, inédite pour la région car seules les céramiques d’apparat, généralement liées à un contexte funéraire, étaient connues jusqu’à présent. Du mobilier lithique a également été recueilli au sein de ces constructions, notamment des fragments de meules en granite fonctionnant selon un mouvement de va-et-vient.


 


Une ferme de la fin de l’époque gauloise

La deuxième occupation importante repérée sur l’emprise de la fouille correspond à une ferme gauloise en activité au cours du Ier siècle avant J.-C. Elle se matérialise par plusieurs enclos fossoyés délimitant des zones de bâtiments. Plusieurs bâtiments de stockage de type grenier surélevé ont été mis au jour, ainsi que le mobilier afférant au fonctionnement d’une ferme familiale : meule rotative, céramique, etc.
 


À l’issue de la phase terrain, des études complémentaires seront confiées à des spécialistes sur les mobiliers et sur divers prélèvements. Elles conduiront à la rédaction d’un rapport de fouilles, qui permettra de restituer l’histoire du site de Concarneau et des différentes occupations humaines qui s’y sont succédé.
 

Aménagement : OPAC de Quimper-Cornouaille
Contrôle scientifique : Service régional de l’archéologie (Drac Bretagne)
Recherche archéologique : Inrap
Responsable scientifique : Valérie Le Gall, Inrap
Directeur adjoint scientifique et technique : Michel Baillieu, Inrap