À Gennes-Val-de-Loire (Maine-et-Loire), une équipe de l’Inrap ​a mis au jour les vestiges de deux tanneries en usage du XIVau XVIIIe siècle. Cette fouille permet de documenter le mode opératoire complexe de cette activité autrefois très répandue dans le bassin de la Loire.

Dernière modification
06 janvier 2020

À Gennes, en Val de Loire, suite à un diagnostic réalisé en 2016, les archéologues de l'Inrap ont mis au jour, à l’angle de la rue de la Poste et de la rue du Grand Moulin, les vestiges d’une tannerie en usage du XIVe siècle (date à préciser) jusqu’au XVIIIe siècle. Cette fouille a été prescrite par l’État (DRAC Pays de la Loire, service régional de l’Archéologie) dans le cadre d’un projet d’aménagement mené par l’entreprise publique locale Alter Public pour le compte de la collectivité visant à renforcer la centralité du centre-bourg. 

Deux tanneries

Les archéologues ont révélé les fondations de deux grands bâtiments associés à des cuves. Réparties autant à l’extérieur qu’à l’intérieur des tanneries, douze cuves ont été mises au jour, avec dans certaines des niveaux de chaux dans leur comblement. Le traitement des peaux se faisait généralement à base de chaux, d’orge, d’eau et de tan pour les débarrasser des corps étrangers. Des vestiges d’aménagements hydrauliques à proximité renseignent sur la gestion et l’apport d’eau, nécessaire en quantités importantes. Les restes d’un vase de stockage pris dans une maçonnerie montrent que les produits de l’activité étaient également stockés sur place. Ces deux tanneries étaient situées à proximité de deux moulins et d'un lavoir, connus par les sources historiques mais situés en dehors de la zone de fouilles.

De nombreuses données

Les archéologues ont prélevé de nombreuses données, rares pour ce type de site, dont l'analyse se poursuit désormais en centre de recherches. Les outils découverts, notamment des grattoirs en pierre et une truelle, seront étudiés ainsi que les nombreux restes osseux d’animaux qui renseigneront à la fois sur l’élevage aux alentours et sur les circuits d’approvisionnement. Des analyses seront menées sur les prélèvements des pollens, parasites et phosphates. La fouille de Gennes offre l’opportunité de mieux appréhender cet artisanat et son mode opératoire complexe. Plus largement, elle permettra aussi de répondre à certaines questions, telles que la cohabitation avec les autres activités artisanales dont le moulin et l’abattoir et l’implantation de l’habitat autour de cette activité à l'origine de nombreuses contraintes.

Aménageur : Alter Public
Contrôle Scientifique : DRAC Pays de la Loire
Recherches archéologiques : Inrap​
Adjoint Scientifique et technique : Hélène Jousse, Inrap​
Responsable scientifique : Fabien Le Roux, Inrap