Depuis août 2017, une équipe de l’Inrap mène, sur prescription de la Drac Pays de la Loire, une fouille à La Chevrolière (Loire-Atlantique). Les archéologues ont mis au jour une longue occupation humaine, qui s’étend de la fin de l’âge du Bronze au début du Moyen Âge.

Dernière modification
29 novembre 2017

Parmi les vestiges : des cercles funéraires vieux de trois-mille ans et une zone d’activités dédiée à la métallurgie d’époque mérovingienne.
L’opération, qui s’étend sur une surface de 4,5 hectares, se poursuivra jusqu’à la mi-décembre 2017. Elle est menée dans le cadre de l’extension du parc d’activités de Tournebride par la Communauté de communes de Grand-Lieu.

Des cercles funéraires de l’âge du Bronze final

La présence de l’Homme sur le site de Tournebride à la fin de l’âge du Bronze (environ 1000 ans avant notre ère) est attestée par la mise au jour d’au moins six monuments funéraires. Ceux-ci se présentent sous la forme de fossés au tracé plus ou moins circulaire, comportant parfois des interruptions. L’espace délimité par ces fossés est généralement utilisé pour déposer les corps de défunts, inhumés ou incinérés.  Au moins l’un des monuments du site était recouvert d’un tertre. Dans le fossé d’un autre, un dépôt de deux céramiques entières a été découvert. En revanche, aucun reste humain n’a été retrouvé en raison de la nature acide du terrain.

Des traces d’occupation à l’Antiquité

L’occupation suivante date de la période gallo-romaine (au Ier siècle environ de notre ère). Elle est matérialisée par un chemin bordé de fossés, les restes d’un système parcellaire et quelques fosses qui ont livré un peu de mobilier en céramique. Si les vestiges antiques s’avèrent peu abondants sur le site lui-même, il apparaît en revanche clairement qu’à proximité se trouvait un établissement gallo-romain abandonné, dont les matériaux de construction ont partiellement été récupérés pour les constructions médiévales du site de Tournebride.

Une activité de paléométallurgie au début du Moyen Âge

La majorité des vestiges découverts datent du haut Moyen Âge (VIe-XIIe siècles) : parmi eux de nombreux trous de poteaux (imprimés en creux par des poteaux de bois aujourd’hui disparus) et six puits à eau, dont le cuvelage était formé de planches de bois assemblées. Certains trous de poteaux, à la construction particulièrement soignée, comportent des calages et des placages utilisant des matériaux de récupération ; remarquablement alignés, ils évoquent des palissades monumentales. D’autres correspondent à des fondations de bâtiments sur poteaux construits en bois et en terre.

Au sud de la fouille, les archéologues ont mis en évidence une zone d’environ 800 m² dédiée à des activités de métallurgie. Les structures (fosses, foyer, fours, etc.) et les déchets identifiés (scories, battitures, etc.) indiquent que plusieurs étapes de la chaîne opératoire de traitement du métal se déroulaient sur le site. Ainsi, si le minerai ne provient pas du site, il est fort probablement grillé sur place, avant d’être réduit dans des bas fourneaux, de taille assez modeste. La « loupe » (masse de métal solide) ainsi obtenue est vraisemblablement épurée in situ, à l’aide d’une forge dont les archéologues ont retrouvé le foyer. Aucun indice ne permet en revanche de penser que la production finale d’objet (forge d’élaboration) se faisait sur place.

À l’issue de la phase de terrain, s’engagera un important travail d’analyse des données et d’études en laboratoire pour préciser la nature des différentes occupations de La Chevrolière.

Aménagement : Communauté de communes de Grand-Lieu
Contrôle scientifique : Service régional de l’Archéologie, Drac Pays de la Loire
Recherche archéologique : Inrap
Directrice adjointe scientifique et technique : Hélène Jousse, Inrap
Responsable scientifique : Édith Peytremann, Inrap