Une équipe de l’Inrap explore un site de cinq hectares au lieu-dit La Répennelais, à Vritz (Loire-Atlantique), qui a connu plusieurs phases d’occupation humaine, entre le Néolithique et la fin du Moyen Âge. Prescrite par le service régional de l’archéologie (Drac Pays de la Loire), cette opération intervient dans le cadre de l’autorisation d’exploiter la sablière par le groupe LafargeHolcim.

Dernière modification
25 avril 2019

Un site fréquenté dès le Néolithique

Les tessons de céramiques les plus anciens qui ont été découverts sur le site indiquent que ce dernier a été fréquenté dès la période néolithique, environ 4 500 ans avant notre ère. Une soixantaine de structures à pierres chauffées, évoquant des foyers à vocation culinaire, témoignent que le secteur a été à nouveau occupé cinq cents ans plus tard. Quelques creusements sembleraient suggérer la présence d'un habitat contemporain de ces structures.
Environ 3000 ans avant notre ère, l’Homme s’implante de nouveau, laissant comme traces plusieurs excavations et des vestiges mobiliers abondants : silex taillés, meules en pierre et tessons de céramiques.
Plus proches de nous, quelques fossés datant de la Protohistoire, et notamment de la période gauloise (de -400 à -52), ont aussi été retrouvés sur le site : ils laissent penser qu’un habitat a pu se développer non loin de là, en dehors de l’emprise de la fouille.

Un habitat médiéval structuré (XIIe - XVe siècle)

Aux XIIe-XIIIe siècles, le site, de nouveau occupé, est structuré par un axe de cheminement est-ouest qui suit le fond de la vallée et qui s’est maintenu jusqu’à des périodes récentes. De part et d’autre de cet axe, un système complexe de parcelles délimitées par des fossés prend place. Au sud du chemin, trois pôles d’habitats, espacés d’environ 80 mètres les uns des autres et bordés au sud par le ruisseau du Mandit, sont créés. Des constructions bâties sur poteaux de bois, dont certaines se superposent, ont été mises au jour ; plusieurs d’entre elles sont dotées de parois périphériques en abside. Ces habitats perdurent jusqu’à la fin du XIIIe ou début du XIVe siècle. L’étude des fragments de poteries, recueillies dans les fosses et fossés à proximité des bâtiments, permettra de préciser la nature et la durée de l’occupation. Des prélèvements de sédiments fourniront des informations relatives à l’environnement naturel et aux cultures pratiquées sur le site.

Au nord du chemin, les archéologues ont mis au jour un habitat sans doute plus tardif (XIVe-XVe siècle). Seuls quelques lambeaux de la base des murs en pierre et de sols dallés subsistent. La fouille a aussi révélé la présence d’un puits. Le site est abandonné vraisemblablement à la fin du XVe siècle.

Une étude documentaire sur ce site (dénommé le Vieux Pibois dans les archives) va venir compléter les résultats de la fouille. Ces travaux offrent une opportunité rare d’étudier un habitat de la fin du Moyen Âge et la structuration des paysages agraires, dans le contexte des Marches de Bretagne et d’Anjou.

Aménageur : LafargeHolcim
Contrôle scientifique : service régional de l’archéologie (Drac Pays de la Loire)
Recherche archéologique : Inrap
Directeur adjoint scientifique et technique : Hélène Jousse, Inrap
Responsable scientifique : Patrick Bellanger, Inrap