Les tombes gauloises de Cizancourt et Licourt, Somme.

Dernière modification
10 mai 2016

À l'issue d'un diagnostic mené en octobre 2009 sous la responsabilité d'Emmanuel Petit (Inrap), cinq secteurs ont pu être définis sur la base de concentrations particulières de vestiges ; seuls deux de ces secteurs ont fait l'objet de fouilles.

Un lieu de sépulture de la fin de la période gauloise

Cette intervention fait suite à une première campagne réalisée en 1998 sur le tracé de l'A29, entre Amiens et Saint-Quentin, au cours de laquelle un ensemble funéraire gaulois particulièrement riche avait été fouillé. La poursuite, en 2010, des investigations archéologiques dans cette zone devait permettre de mieux apprécier l'extension de la nécropole. La bonne surprise fût de découvrir un second cimetière, situé à 70 m au sud du premier groupe, ajoutant ainsi 17 tombes aux 15 fouillées douze ans plus tôt.
Ce cimetière s'organise autour d'un petit enclos dont la vocation n'est pas établie avec certitude. Parmi les sépultures de type courant pour cette période, c'est-à-dire de modestes fosses contenant les cendres du défunt et quelques vases en terre cuite, deux tombes se démarquent sensiblement.


 
Il s'agit de deux chambres funéraires contenant un riche mobilier céramique et métallique : seaux à cerclage de bronze, rasoir avec manche en bronze, paires de forces en fer, poignard en fer, perles en os ainsi que deux remarquables broches en argent massif dotées de chaînettes. Celles-ci s'apparentent, selon la littérature, à des insignes militaires, remis peut-être dans le cas présent par les autorités romaines à un membre de la noblesse locale. Elles sont très proches des exemplaires en or découverts à proximité de Gergovie et de ceux en argent trouvés à Châteaudun. Un fait notable doit être rapporté : les ossements incinérés de l'une de ces deux riches tombes proviennent de la crémation d'un sujet adulte mais aussi de trois porcelets, d'un porc et d'un canidé (chien ou renard). La présence d'offrandes animales conséquentes et ayant participé au rituel funéraire renforce ici le statut élevé du défunt.

Philippe Lefèvre et Gilles Prilaux (Inrap)