EDF R&D, la Fondation Groupe EDF, la direction des affaires culturelles (DAC) de Martinique, l’Inrap et le Parc Naturel de Martinique ont signé en 2015 un accord de partenariat original qui a permis de mettre en œuvre un programme de stabilisation et de restauration d’un ensemble exceptionnel d’objets archéologiques, témoins de la vie sur une habitation sucrerie au XVIIIe siècle.

Dernière modification
02 août 2018

Ces objets métalliques avaient été mis au jour par les archéologues de l’Inrap lors d’une fouille archéologique préventive,  commandée par le Parc Naturel de Martinique et prescrite par l’État en 2012 en préalable au programme de restauration et de mise en valeur du site du château Dubuc sur la presqu'île de la Caravelle, à La Trinité.
Après d’importantes interventions de stabilisation et de restauration, grâce au mécénat de la Fondation Groupe EDF venu en soutien de l’Inrap, ces objets ainsi sauvegardés sont arrivés en Martinique le 10 juillet dernier.

Ils rejoignent le centre de conservation et d'étude de Martinique sous le contrôle du Service régional de l’archéologie de la DAC de Martinique, en lien avec l'Inrap. Ils devraient être présentés ensuite sur le site du lieu de leur découverte au sein d'un aménagement en cours de conception par le Parc Naturel de Martinique.

Un lot exceptionnel d’objets archéologiques

La fouille a livré une des plus importantes séries d’objets métalliques des Caraïbes recueillies dans ce type de contexte. Daté entre 1730 et la fin du XVIIIe siècle, cet ensemble permet de porter un nouveau regard sur la vie quotidienne d’une habitation sucrerie : les sources historiques sur le sujet sont rares et le XIXe siècle est marqué par la destruction d'une part importante des objets relatifs à l'exploitation des habitations coloniales qui se développent à la faveur du système esclavagiste.
Situé au cœur de la réserve naturelle de la presqu’île de la Caravelle, le site du château Dubuc, est classé au titre des monuments historiques depuis 1992. Les niveaux archéologiques antérieurs à l’industrialisation y sont très bien conservés, permettant une analyse des premières implantations sucrières sur l’île.

Un programme de sauvegarde

Les objets mis au jour étaient fragiles et nécessitaient des interventions importantes de stabilisation et de restauration, afin d’assurer leur conservation. Grâce au mécénat de la Fondation Groupe EDF, un programme de restauration et d’analyses a été engagé dans les laboratoires d’EDF en soutien de l’Inrap et en partenariat avec la DAC de Martinique et le Parc Naturel de Martinique. EDF R&D a mis son savoir-faire et ses technologies de pointe au service de ce patrimoine archéologique inestimable pour l’histoire. Près de 160 objets ont bénéficié de différentes méthodes d’expertise : examens et analyse en microscopie électronique à balayage, expertise métallurgique, tomographie en amont ou en parallèle des interventions de conservation-restauration effectuées sur les alliages de cuivre et de fer pour apporter des informations sur l’identification, la fabrication ou encore l’interprétation des objets. En complément, une analyse chimique quantitative a été effectuée sur une sélection d’objets ferreux pour constituer le point de départ d’une future base de données sur les Caraïbes.
Concernant les interventions de conservation-restauration, 127 objets ferreux ont bénéficié d’un traitement électrolytique de stabilisation (ou déchloruration) de 11 à 16 mois afin d’assurer leur conservation. Une sélection de 40 objets ferreux et de 11 objets cuivreux a été restaurée. L’écumoire, mutilée, a bénéficié d’une numérisation surfacique et tomographie qui a abouti à une proposition de restitution.
Des conditionnements adaptés au transport des objets et à leur stockage ont été réalisés afin que ceux-ci puissent être acheminés en Martinique dans les meilleures conditions de conservation.