Depuis 2013, la commune de Jort fait l'objet d’opérations d’archéologie préventive. De nombreux vestiges d’habitat ont été mis au jour, de la fin de l’âge du Fer à la fin du Moyen Âge, ainsi qu'une nécropole protohistorique d’enfants. Découvert en 2013, ce site funéraire exceptionnel a également été étudié en 2015 et 2017.

Chronique de site
Dernière modification
16 mai 2018

Depuis 2013, la petite commune de Jort, connue depuis le XVIIIe siècle pour avoir été le siège d’une importante agglomération antique (Divoritum), est le cadre d’une série d’opérations d’archéologie préventive, au rythme de son aménagement pavillonnaire. Les décapages cumulés atteignent aujourd’hui quelque 8 000 m2 soit environ 60 % des surfaces diagnostiquées. De nombreux vestiges d’habitat ont été mis au jour, de la fin de l’âge du Fer à la fin du Moyen Âge. Ils se doublent pour l’époque gauloise d’une nécropole d’enfants localisée à l’entrée sud du village. Découvert en 2013, ce site funéraire exceptionnel a concerné deux autres interventions, en 2015 et 2017.

Une nécropole d’enfants gaulois

De 2013 à 2017, 104 sépultures datées de la fin de l’âge du Fer (La Tène finale) au début de l’époque romaine ont été découvertes. S’y ajoute une trentaine de fosses vides d’ossements dont la forme évoque néanmoins une fonction sépulcrale, portant à 130 le total de sépultures connues à ce jour. Malgré leur densité, les inhumations sont toutes primaires  et individuelles : les corps ont été déposés directement la tombe pour y être inhumés. La rareté des recoupements indique un espace funéraire bien géré, les tombes devaient être signalées en surface, notamment par des dalles en calcaire. Hormis 7 adultes, les sépultures contiennent essentiellement des squelettes d’enfants décédés soit en période périnatale, soit dans leur première enfance. L’étude biologique en cours, en collaboration avec le laboratoire d’anthropologie du Craham (Université de Caen), permettra à terme d’estimer leur âge et d’étudier leur état sanitaire, pour notamment identifier d’éventuelles pathologies carentielles ou dentaires.

Des pratiques funéraires originales

Les fosses sépulcrales sont généralement oblongues ou rectangulaires, creusées aux dimensions du défunt. Une trentaine d’entre elles sont beaucoup plus grandes et dotées d’une alcôve ou niche creusée en sape dans l’une des parois, afin d’accueillir le corps. Les jeunes défunts ont été déposés avec soin, généralement sur le dos, contre une paroi. Quelques dépôts sur le ventre ou sur le côté ont aussi été observés. La présence de clous et de crampons en fer associés à des traces ligneuses brunes ainsi qu’à des preuves de décomposition du corps en espace vide, attestent l’emploi de coffrages funéraires en bois. Du mobilier funéraire incluant vases en céramique, fibules, bracelets en alliage cuivreux ou en lignite, accompagne 13 sépultures (43 % des sépultures avec alcôve).

Le nombre important de ces sépultures de jeunes préadolescents, ainsi que leur datation entre la fin de l’âge du Fer (La Tène D1-D2) et le tout début de l’époque gallo-romaine, confirment le caractère exceptionnel cette nécropole dont les limites ne sont pas encore connues à ce jour.