A Pietroso, dans la plaine d’Aléria au pied du Massif du Monte Incudine, les archéologues de l'Inrap ont mis au jour un vaste établissement rural de l'époque romaine, composé d'un étonnant ensemble de structures hydrauliques.

Dernière modification
29 juillet 2020

Une équipe d’archéologues de l’Inrap met actuellement au jour un établissement rural du IIIe siècle de notre ère, sur la commune de Pietroso, au pied du Massif du Monte Incudine à l’extrême ouest de la plaine d’Aleria. Sur prescription de l’État (DRAC de Corse), cette fouille, préalable à la construction d’un habitat résidentiel, est prise en charge à 100% par l’État, par le biais du fonds national pour l’archéologie préventive (Fnap). Elle apporte aujourd’hui d’intéressantes informations sur l’occupation antique en Corse.

Un établissement rural

En janvier 2020, un premier diagnostic archéologique démontrait la présence d’éléments d’époque romaine, dont un niveau d’effondrement de toiture et des niveaux de béton de tuileau. Ceux-ci laissaient alors présager une bonne conservation des sols archéologiques. Une fouille a été engagée dès la fin du mois de juin et, aujourd’hui, ces recherches mettent en évidence un bâtiment d’environ 200m², composé de quatre ou cinq pièces, qui semble perdurer durant une brève période du IIIe siècle de notre ère. 

Si les élévations en terre ne sont pas conservées, les fondations sont bien présentes et constituées de galets liés d’argile. Parallèlement, une couche de matériaux argileux recouvrait le sol des pièces. Le toit était composé de tuiles plates (tegulae) et courbes (imbrices) aujourd’hui retrouvées en de nombreux exemplaires fragmentés.

un étonnant ensemble de structures hydrauliques

La pièce ouest du bâtiment possède une série d’aménagements hydrauliques. Elle se compose d’un bassin dont le fond, situé à plus d’un mètre au-dessous du niveau de sol, est accessible par quelques marches. Le fond de ce bassin est équipé d’une « cupule » de décantation raccordée, via un tuyau en plomb à une autre structure située plus haut. La fonction de cette dernière, très arasée, reste pour l’instant difficile à interpréter. Par la suite un dolium, écrêté, est implanté dans le bassin. Cette sorte de grande jarre sphérique, dont le fond est calé par une couche de tuiles, pouvait contenir de l’eau, de l’huile, du vin ou des productions céréales. De futures analyses physico-chimiques permettront probablement de connaître la fonction de cet étonnant ensemble.

Aménagement : Madame Martinetti
Contrôle scientifique : Service régional de l’archéologie (Drac de Corse)
Recherche archéologique : Inrap
Responsable scientifique : Laurent Vidal, Inrap