Communiqué de presse
3 juillet 2009

Contacts

Mahaut Tyrrell
chargée de communication médias
Inrap, pôle partenariats et relations avec les médias
01 40 08 80 24 – mahaut.tyrrell@inrap.fr

Elisabeth Justome
chargée du développement culturel et de la communication
Inrap Nord-Picardie
03 22 33 40 54 – elisabeth.justome@inrap.fr

Voir aussi

Les tombes à char d’Attichy

Publié le 9 juillet 2009 · Mis à jour le 10 décembre 2010
code opération : GB19108301
Une équipe de l'Inrap vient de mettre au jour une nécropole gauloise à Attichy dans l'Oise. Cette fouille, réalisée à l'occasion de l'exploitation d'une carrière de granulats, a notamment révélé les tombes de deux éminents personnages celtes.
Sur une terrasse dominant l'Aisne, la nécropole se compose de onze sépultures sur environ 1 300m². Douze individus sont présents : six adultes, cinq enfants auxquels s'ajoute une personne incinérée. Les fosses sépulcrales sont orientées est-ouest. Les corps sont déposés allongés sur le dos, les bras le long du corps, le regard tourné vers le levant. Seul un individu en position fœtale, tête au sud, a le regard tourné vers le septentrion.
La pratique de l'inhumation est ici majoritaire. La nécropole d'Attichy a été en usage vers 250 avant notre ère, une période charnière qui se caractérise habituellement par l'abandon de l'inhumation au profit de l'incinération. Ce changement de pratiques funéraires s'est opéré à un rythme différent selon les régions. La nécropole d'Attichy, avec un abandon plus tardif de l'inhumation, se rattache donc probablement au groupe culturel Aisne-Marne.

Le mobilier

Parures et accessoires vestimentaires accompagnent les défunts : bracelets, fibules, anneaux de ceintures, en bronze, fer ou lignite. Les hommes partent  dans l'au-delà en guerriers avec leurs armes, épée ou lance.  Des ustensiles de toilette, des outils (rasoir, paire de force, couteau) sont aussi présents. Des récipients céramiques, des dépôts de pièces de viande sont destinés à la consommation de mets ou de liquides. Différents statuts sociaux peuvent être perçus au travers du mobilier funéraire. Les rangs hiérarchiques les plus élevés de cette communauté s'expriment au travers de deux tombes à char et d'une tombe à enclos circulaire. Cette dernière est celle d'un jeune enfant.

Les tombes à char

À certaines périodes, les Celtes ont eu pour coutume d'inhumer leur aristocratie sur un char. Jusqu'à présent inviolées, les tombes à char d'Attichy appartiennent à deux hommes en armes. Entourés de céramiques, de morceaux de porc et de mouton, ces personnages reposent, entre les deux roues cerclées de fer, sur le châssis de leur char. Ceux-ci ne sont pas des véhicules d'apparat et leurs essieux portent parfois des traces de réfection. Dans une des tombes les mors des chevaux ont été déposés à plat dans une fosse. Un tertre de terre recouvrait probablement les sépultures, mais il n'en reste pas de trace aujourd'hui.

Une autre tombe à char, aujourd'hui disparue, avait été trouvée au cours du XIXe siècle à Attichy. Datées du IIIe siècle avant notre ère, les deux tombes aujourd'hui mises au jour sont plus récentes que celles de Vasseny et de Bussy-le-Long dans l'Aisne (Ve-IVe siècles avant notre ère), mais se rapprochent de celles découvertes à Roissy-en-France, lors de l'aménagement d'une partie de l'aéroport.

Aménagement

Eiffage Travaux Publics

Contrôle scientifique

Service régional de l'archéologie (DRAC Picardie)

Responsable scientifique

Sophie Desenne, Inrap

Voir l'album

  • Vue verticale de la tombe à char d'Attichy « Le Buissonet » (tombe 03). Le défunt repose sur le char, armé d'une épée, avec à ses côtés de nombreuses offrandes alimentaires sous forme de pièces de viande et de récipients en céramique.
    Vue verticale de la tombe à char d'Attichy « Le Buissonet » (tombe 03). Le défunt repose sur le char, armé d'une épée, avec à ses côtés de nombreuses offrandes alimentaires sous forme de pièces de viande et de récipients en céramique.
    © Sylvain Thouvenot / Inrap
  • L'homme d'âge adulte est déposé sur le dos en position fœtale, le regard orienté vers le septentrion, le corps décalé de 90° par rapport à la pratique « admise » au sein de cette nécropole. Malgré cette singularité, on note un rituel similaire aux autres sépultures avec la présence de très nombreuses offrandes alimentaires.
    L'homme d'âge adulte est déposé sur le dos en position fœtale, le regard orienté vers le septentrion, le corps décalé de 90° par rapport à la pratique « admise » au sein de cette nécropole. Malgré cette singularité, on note un rituel similaire aux autres sépultures avec la présence de très nombreuses offrandes alimentaires.
    © Johanny Lamant / Inrap
  • Au centre d'un petit monument à enclos circulaire, un enfant reposait dans une fosse rectangulaire profonde. Le port d'accessoires vestimentaires (fibules, éléments de ceinture), l'abondance des dépôts alimentaires et surtout la présence d'un monument révèle sans doute ici le statut privilégié de l'individu.
    Au centre d'un petit monument à enclos circulaire, un enfant reposait dans une fosse rectangulaire profonde. Le port d'accessoires vestimentaires (fibules, éléments de ceinture), l'abondance des dépôts alimentaires et surtout la présence d'un monument révèle sans doute ici le statut privilégié de l'individu.
    © Johanny Lamant / Inrap
  • Un homme d'age adulte reposait sur un char avec à ses côtés son armement (épée, pointe de lance), une série d'outils (rasoir, paire de forces) et des dépôts alimentaires (pièces de viande et récipients en céramique) Du char, seules sont conservées les pièces métalliques des roues (cerclages et frettes de moyeux en fer) qui se trouvaient de part et d'autre de la tombe, dans des fosses aménagées.
    Un homme d'age adulte reposait sur un char avec à ses côtés son armement (épée, pointe de lance), une série d'outils (rasoir, paire de forces) et des dépôts alimentaires (pièces de viande et récipients en céramique)
    Du char, seules sont conservées les pièces métalliques des roues (cerclages et frettes de moyeux en fer) qui se trouvaient de part et d'autre de la tombe, dans des fosses aménagées.
    © Johanny Lamant/ Inrap
  • Pointe de lance.
    Pointe de lance.
    © Sophie Desenne/ Inrap
  • Une épée était déposée à la droite du défunt. Quelques anneaux en bronze constituent les dernières traces de son système de suspension et du ceinturon.
    Une épée était déposée à la droite du défunt. Quelques anneaux en bronze constituent les dernières traces de son système de suspension et du ceinturon.
    © Sophie Desenne/ Inrap
  • Les restes du défunt incinéré reposaient vraisemblablement dans un sac fermé par une fibule en fer. À cet ensemble sont associés des récipients destinés aux denrées solides et aux liquides ainsi que de nombreuses pièces de viande et un petit couteau en fer.
    Les restes du défunt incinéré reposaient vraisemblablement dans un sac fermé par une fibule en fer. À cet ensemble sont associés des récipients destinés aux denrées solides et aux liquides ainsi que de nombreuses pièces de viande et un petit couteau en fer.
    © Johanny Lamant/ Inrap
  • Une riche tombe d'enfant prenait place dans un enclos circulaire au centre duquel devait à l'origine s'élever un tertre de terre.
    Une riche tombe d'enfant prenait place dans un enclos circulaire au centre duquel devait à l'origine s'élever un tertre de terre.
    © Frédéric Gransar/ Inrap