Contacts

Mahaut Tyrrell
chargée de communication médias
Inrap, pôle partenariats et relations avec les médias
01 40 08 80 24
mahaut.tyrrell@inrap.fr

Les Français et l’archéologie : un sondage d’Ipsos sur l’image de l’archéologie

Publié le 6 mai 2011 · Mis à jour le 15 novembre 2012
Pour les Journées de l’Archéologie 2011 , l’Inrap a commandé à l’institut Ipsos un sondage sur la perception de la discipline par le public. Effectué en « face à face à domicile », en décembre 2010, auprès d’un échantillon de 1 000 personnes de 15 ans et plus représentatif de la population française, ce sondage permet de mieux saisir sa perception de l’archéologie et de préciser les données des enquêtes 1997 et 2008 sur les pratiques culturelles des Français. Faisant suite à une première mesure effectuée par Ipsos en décembre 2005, il permet également de mesurer d’évaluer l’évolution de la perception des Français en liaison avec le développement récent de l’archéologie préventive.

43 % des Français intéressés par l’histoire « de la Préhistoire à nos jours »

La proportion des Français intéressés stricto sensu par l’archéologie est de 19 %, un niveau analogue à celui de l’astronomie (18 %) ou de la philosophie (21 %). Mais les sondés intéressés par l’histoire, « de la Préhistoire à nos jours », sont 38 %, et le cumul des centres d’intérêt « histoire » et « archéologie » s’établit à 43 %, en hausse de cinq points par rapport à 2005 (question 1).

Une familiarité en progression

Au sein de ce public « intéressé », « 38 % des sondés apparaissent plutôt comme des « néophytes » (ils étaient 41 % en 2005), alors que 54 % peuvent être considérés comme des « connaisseurs relatifs » (ils étaient 49 % en 2005), et 6 % pourraient être assimilés à des « experts », ayant une connaissance poussée de certains aspects, domaines ou époques (question 2). On constate donc là aussi une progression du public s’estimant « connaisseur », ce qui dénote une familiarité accrue avec la discipline.

Une fréquentation importante des sites archéologiques français

15 % des sondés déclarent avoir visité au moins un site archéologique en France au cours des 12 derniers mois et 70 % au cours de leur vie (question 7). Ce qui situe la fréquentation des sites à un niveau comparable à celle des musées (77 %). Ils ne sont plus que 9 % à avoir visité un site à l’étranger, au cours des 12 derniers mois, ce qui s’explique évidemment par le fait que tous les Français ne voyagent pas hors des frontières et démontre, contrairement aux idées reçues, que l’intérêt du public pour l’archéologie concerne tout autant les sites de l’Hexagone que les grands sites à l’étranger.

Une activité d’utilité publique

24 % des sondés jugent la recherche archéologique « très utile » et 62 % « plutôt utile », soit l’opinion de plus de 8 personnes sur 10 en cumul : un chiffre très important eu égard au scepticisme souvent rencontré quant aux découvertes réalisées en France et aux polémiques sur l’utilité de la discipline (question 9).

Une recherche féconde

Dans le même ordre d’idées, 24 % des sondés considèrent que « en France, l’archéologie fait encore de nombreuses découvertes » et 59 % qu’elle fait « encore quelques découvertes » (question 10), portant donc là aussi un jugement positif sur cette activité de recherche.

L’archéologie préventive : une activité reconnue

54 % des « intéressés » (question 3) estiment que l’activité la plus importante est « la fouille de sites menacés par l’aménagement du territoire (autoroutes, parkings, voies ferrées, bâtiments) », devant « la fouille de sites historiques ou préhistoriques connus » (30 %) et « la fouille de vestiges découverts par hasard » (12 %).

Une familiarité avec l’archéologie de proximité

18 % des « intéressés » déclarent avoir eu connaissance d’un chantier de fouille conduit à proximité de chez eux (question 8), un chiffre très important qui peut s’expliquer par la diversité des sites archéologiques fouillés en ville et en zone rurale (concernant près de 300 communes différentes chaque année) et par l’effort de médiation conduit depuis 2005 sur ces chantiers.

Une forte attente d’information

Toutefois, seuls 21 % des « intéressés » s’estiment suffisamment informés sur les fouilles conduites près de chez eux (question 4), mais ce chiffre est en forte augmentation puisqu’ils n’étaient que 13 % à s’estimer suffisamment informés en décembre 2005. Corollairement 77 % s’estiment encore insuffisamment informés.

Une discipline populaire

Ces données confortent celles de l’expérience de terrain où l’on constate un très vif intérêt du public pour l’archéologie. Les « portes ouvertes » sur les chantiers de fouilles notamment suscitent une fréquentation importante et attirent un public souvent éloigné de la « culture savante », intéressé par la mise au jour de vestiges dans son environnement proche. De fait, ces découvertes sont souvent perçues par les visiteurs comme appartenant à « leur passé », et contribuent à inscrire chacun dans un territoire et son histoire. En outre, la dispersion géographique des chantiers contribue à la sensibilisation de riverains nombreux, en renouvellement chaque année, et ne fréquentant pas nécessairement de lieux culturels. La médiation de l’archéologie est donc un important levier de démocratisation culturelle.

L’évolution favorable d’un certain nombre d’indicateurs démontre en particulier l’intérêt de la présentation des vestiges in situ, lors de leur mise au jour, d’autant que ces témoignages sont voués à disparaitre du site fouillé, voire à être détruits par la fouille elle-même.
Cependant, le pourcentage très important des sondés s’estimant insuffisamment informés rappelle que les efforts d’ouverture au public doivent être maintenus, que les vestiges sont le plus souvent un rébus impossible à déchiffrer par le profane et qu’ils doivent susciter des efforts d’explication importants, à l’instar de ceux déployés pour les autres sciences.