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Mis à jour le
08 janvier 2020
Colloque
Bioarchéologie : minimums méthodologiques et référentiels communs, nouvelles approches

Ce quatrième séminaire scientifique et technique s’est tenu à Sélestat en Alsace, à l'auditorium de la Bibliothèque Humaniste​, les 28 et 28 novembre 2019. Il a été organisé par Carine Carpentier (Inrap), Rose-Marie Arbogast (CNRS), et Philippe Kuchler (Archéologie Alsace).

Julian Wiethold (Inrap), Priscille Dhesse (Archéologie Alsace), Emmanuelle Bonnaire (Archéologie Alsace) et Geneviève Daoulas (Inrap)

Dans le cadre des opérations d’archéologie préventive, l’échantillonnage sur le terrain est une étape primordiale pour les études bioarchéologiques. En raison de budgets post-fouille souvent très limités, une décroissance du nombre des prélèvements est actuellement observée ainsi qu’une multiplication des études pas ou peu représentatives par rapport aux occupations et structures mises au jour. Il semble donc important de définir les objectifs des études bioarchéologiques et les moyens destinés à la mise en œuvre, et ce dès la prescription et l’élaboration des projets scientifiques de l’intervention.

Dans la plupart des cas, l’objectif de l’analyse carpologique est d’obtenir des résultats représentatifs sur l’agriculture et l’alimentation végétale des occupations humaines d’un point de vue spatiale et chronologique. Les assemblages des carporestes carbonisés sont généralement dominants ; les contextes humides (puits, latrines, paléo-chenaux, mardelles…) et les contextes avec des carporestes minéralisés (puits, latrines, comblements de caves gallo-romaines…) sont plus rares, mais ils représentent des découvertes remarquables et exceptionnelles. Néanmoins, il faut souligner que l’étude de ces assemblages exceptionnels ne permet pas de conclure de manière générale sur l’agriculture et l’économie végétale d’un site. Limiter une étude carpologique à l’analyse de prélèvements provenant du comblement d’un puits est déconseillé car les résultats – parfois très riches – ne nous renseignent que sur la paléo-végétation autour de la structure et sur quelques apports par l’activité de l’homme. De ce fait, les résultats ne permettent pas de caractériser l’agriculture et l’économie végétale de l’occupation. Un échantillonnage systématique des comblements de structures en creux sèches semble indispensable pour obtenir des résultats représentatifs. Cela permet également d’alimenter un corpus de données régionales comparables et d’engager des synthèses sur l’agriculture et l’alimentation végétale.

Le choix de la méthode d’échantillonnage (comblements de structures en creux, par couche, par carré d’un carroyage, aléatoire, par colonne stratigraphique…) dépend des problématiques de la fouille et d’une coordination scientifique entre le/la responsable d’opération et le/la spécialiste.

De manière générale, il faut privilégier les structures bien datables par le mobilier archéologique ou celles qui feront l’objet de datation radiocarbone. Dans le dernier cas le matériel carpologique (diaspores d’origine terrestre) et anthracologique (brindilles) d’une courte durée de vie est le premier choix pour obtenir une datation radiocarbone fiable.

Concernant les structures humides (puits, paléo-chenaux, mardelles) avec des sédiments humides, la récupération des colonnes en jardinières est à privilégier pour mener des études multiproxi (palynologie, carpologie, micromorphologie, sédimentologie…) sur la même colonne stratigraphique. L’échantillonnage par des rails métalliques est à proscrire car le matériel obtenu ne suffira pas pour engager toutes les études et le risque de contamination est élevé. L’échantillonnage des comblements en vrac reste le choix si la fouille ne permet pas de récupérer une colonne.

Les objectifs de la communication sont de présenter quelques critères pour le choix du type d’échantillonnage, de discuter des approches spatiales à partir de quelques exemples du Grand Est (notamment concernant les bâtiments néolithiques et protohistoriques) et d’orienter la communauté des archéologues vers les pratiques d’un échantillonnage scientifiquement exploitable et raisonné en adéquation avec les budgets disponibles.

Mots clés : carpologie, macrorestes végétaux, échantillonnage, spatialisation, agriculture, datation

Année :
2019
Durée :
00:17:20
Année :
2019
Contact(s)

julian.wiethold [at] inrap.fr
priscille.dhesse [at] archeologie.alsace
emmanuelle.bonnaire [at] archeologie.alsace
genevieve.daoulas [at] inrap.fr

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