Sur les communes de Pont d’Ain et Saint-Jean-Le-Vieux, dans l’Ain, une équipe d’archéologues de l’Inrap met au jour un édifice militaire daté du début XIVe siècle, spécifique à la région, appelé « bâtie ». Les chercheurs espèrent recueillir des enseignements essentiels à la connaissance de ces édifices si particuliers.

Chronique de site
Dernière modification
13 février 2018

En amont du projet d’aménagement de la Zone intercommunale Écosphère Innovation, une équipe d’archéologues de l’Inrap réalise, sur prescription de l’État (Drac Auvergne – Rhône-Alpes), et financement de la Communauté de communes Rives de l’Ain-Pays du Cerdon, une fouille de novembre 2017 à mars 2018. D’une surface de 18 600 m2, elle se répartit en trois zones situées en bordure de la route D 1084, à la jonction des terrasses moyenne et basse de la rivière Ain. Investies depuis la fin de l’Antiquité, ces zones sont particulièrement occupées au bas Moyen Âge.

La « bâtie », édifice militaire de la guerre entre le Dauphiné et la Savoie

La « bâtie » est une fortification éphémère en bois et terre, édifiée dans le cadre de la guerre qui opposa les comtes du Dauphiné et de la Savoie entre 1282 et 1355. Les deux provinces, alors indépendantes du royaume de France, s’affrontaient dans une guerre de positions sur les territoires de la Bresse et du Bugey.

Ces constructions, assez bien attestées dans la région grâce aux textes d’époque, le sont un peu moins par l’archéologie puisqu’un seul édifice similaire a été fouillé dans les années 80, quelques kilomètres au sud :  la bâtie de Gironville à Ambronay.

Les vestiges de la « bâtie » de Pont Rompu

Les archéologues dégagent les larges fossés qui défendaient le château.  Ils dessinent un carré de 66 m de côté. Au sein de l’enceinte, les vestiges permettent de restituer les édifices : traces en négatifs de poteaux en bois, solins en galets des murs... À l’est, plusieurs bâtiments, sont adossés sur le bord extérieur du fossé (écurie ?).
La faible quantité de mobilier, les rares fosses détritiques, deux puits maçonnés et des traces d’incendie racontent une occupation que l’on devine très courte. L’identification de cette bâtie est connue par une mention dans les archives : une bâtie savoyarde aurait été démontée en 1333 avec une récupération systématique des matériaux, l’édifice comportait alors un pont-levis.  
Ces premières hypothèses vont évoluer au fur et à mesure de l’avancement de la fouille et des études en laboratoires qui vont suivre (datations, carpologie, étude d’archives…).

Aménagement : Communauté de communes Rives de l’Ain-Pays du Cerdon
Contrôle scientifique : Service régional de l’Archéologie, Drac Auvergne – Rhône-Alpes
Recherche archéologique : Inrap
Responsables scientifiques : Sébastien Gaime et Franck Gabayet, Inrap