Archéologie de la violence – violence de guerre, violence de masse

Publié le mardi 18 mars 2014 · Mis à jour le mardi 30 septembre 2014
Colloque international organisé par l’Institut national de recherches archéologiques préventives, et le Musée du Louvre-Lens.
Les 2,3  et 4 octobre 2014 à La Scène du Louvre-Lens

Programme

A l’occasion de l’exposition « Les Désastres de la guerre 1800-2014 » présentée au Musée du Louvre-Lens du 28 mai au 6 octobre 2014, l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), et le Musée du Louvre-Lens organisent un colloque intitulé « Archéologie de la violence-violence de guerre, violence de masse ».  Ce colloque a pour ambition d’évaluer l’apport de l’archéologie à la recherche sur les violences collectives et sur la guerre, et de montrer comment elle peut contribuer aux débats contemporains. 

Son approche anthropologique a libéré la recherche des contraintes de l’histoire militaire et stratégique et offre aujourd’hui de nouvelles méthodologies et approches théoriques sur la nature de l'expérience de guerre vécue, tant par les combattants que par les civils. Ce colloque est par ailleurs l’occasion d’un dialogue avec les sciences sociales et l’histoire de l’art, dans une perspective internationale.  

En France, c’est notamment par l’archéologie de la Grande Guerre qu’une réflexion sur les méthodes et les problématiques de recherche a pu se mettre en place, non sans que cette nouvelle démarche ne pose questions. En outre, le XXe siècle a été marqué par des violences extrêmes. Ces événements dramatiques, ont laissé un certain nombre de charniers et de traces. Ils constituent, aux yeux de la justice internationale, autant d’éléments qui permettent de déterminer l’identité des victimes, mais aussi la part de responsabilités de chacun dans les massacres. Tous ces éléments ont ainsi conduit l’archéologie vers de nouveaux enjeux liés à l’expertise médico-légale, à la récupération de la mémoire historique, et au Droit.  

L’archéologie, par la documentation considérable qu’elle apporte sur l’expérience de guerre et la réalité de la violence renouvelle ainsi notre compréhension de la guerre, de la préhistoire aux conflits contemporains.

Accès libre dans la limite des places disponibles Réservation conseillée sur le site www.inrap.fr.   

Le colloque se déroulera en anglais et en français avec traduction simultanée.  

La direction scientifique de ce colloque est assurée par Jean Guilaine, membre de l’Institut, professeur honoraire au Collège de France (1994-2007) et Jacques Sémelin, directeur de recherche au CNRS, CERI-Sciences Po.

Jeudi 2 octobre 2014

11h00

Ouverture 

Introductions

Comment des individus que rien ne distingue de la population globale peuvent-ils se muer en tueurs de masse ? Comment des « hommes ordinaires », deviennent t-ils des tueurs, commettant des atrocités, dans un contexte de conflit armé ? Dans quels champs disciplinaires l’archéologie des conflits s’est-elle déployée ?


11h45

« Pourquoi des hommes ordinaires tuent-ils ? Le cas des responsables de la Shoah »,
par Christopher Browning, université de North Carolina

12h15

« Thèmes et théories de l'archéologie des conflits modernes »
par Gabriel Moshenska, university college de Londres

12h45

Discussions avec le public

13h00

Déjeuner libre

I – Et la guerre commença …

Quelles sont les origines de la guerre ? La violence est-elle inhérente aux sociétés humaines ? La violence est-elle inséparable de la guerre ou existe-t-il une violence avant la guerre ? Que peuvent nous dire les traces que nous découvrons ? Quand la guerre commença-t-elle ? Nous sommes sur les traces de la guerre, au temps préhistorique …  

Président de séance : Jean Guilaine, membre de l’Institut

14h30

15h00

« Traces de violence dans les premières sociétés européennes : l'exemple de Asparn / Schletz  (5 000 av.J-C.) »
par Maria Teschler-Nicola, Museum d’histoire naturelle de Vienne

15h30

Discussions avec le public

15h45

Pause

16h15

« Urbanisation ancienne, tensions sociales et violence : les fosses communes de Tell Brak (Syrie, IVème millénaire av.J-C.) »
par Augusta McMahon, université de Cambridge

16h45

« Guerre et mort à Himère : les tombes de soldats grecs tués dans les batailles de 480 et 409 av.J-C. »
par Stefano Vassalo, superintendant pour l’archéologie de Palerme

17h15

Discussions avec le public

II – Violence de guerre, violence de masse : questions de méthode

Alors que l’histoire se fonde sur les archives ou les témoignages, quelle(s) violence(s) l’archéologie révèle t-elle ? Quelles traces de violence sont utilisées par l’archéologie ? Que disent les traces et que peut-on en conclure ?  Quelles méthodes ? Quelles en sont les limites ? Quels enjeux pour l’archéologie ?  

Président de séance : Anne Lehoërff, université de Lille

17h30

«  Rituels d'après-guerre en Scandinavie au Ier siècle ap.J-C. : des guerriers sacrifiés dans les zones humides de Alken-Enge, Jutland-Central (Danemark) »
par Mads Kahler Holst, Aahrus université

18h00

« Application de modèles stratégiques modernes aux champs de bataille de Little Big Horn et de la Red River War (guerres indiennes, Etats-Unis, XIXème siècle) »
par Douglas D. Scott, université du Nebraska-Lincoln et Colorado

18h30

Discussions avec le public

Vendredi 3 octobre 2014

Violence de guerre, violence de masse : questions de méthode (suite)

9h30

« Échec et mat : comparaison de traces trouvées sur le squelette de Richard III avec d'autres blessures laissées par des armes médiévales. »
par Tim Sutherland, université d’York

10h00

« Des armes à la guerre : méthodes et principes de reconnaissance d’un « état » de guerre chez les Celtes »
par Gérard Bataille, Inrap

10h30

« Les sépultures multiples à recrutement militaire : le regard de l'anthropologue »
par Michel Signoli, ADES AMU-EFS-CNRS, Marseille

11h00

Discussions avec le public

11h30

Pause

III – L’avènement de la guerre totale

Le XIXe siècle a préparé l'avènement de ce qu’on appellera la  « guerre totale », un creuset dans lequel les esprits se sont accoutumés à un haut niveau de violence. En effet, c’est dès le début du XIXe siècle que se dessinent les prémices de la guerre totale, en particulier avec la guerre de Vendée (1793-1796) et la Révolution française,  les campagnes napoléoniennes (guerre d’indépendance espagnole 1808-1814), et les violences coloniales (guerre des Boers 1899-1902). Certains conflits comme la guerre de trente ans (1618-1648) en sont-ils des prémices ? La guerre totale conduit-elle au « siècle des génocides » ?    

Président de séance : David El Kenz, université de Bourgogne

12h00

« Paysans et soldats : archéologie de villages désertés pendant la Guerre de Trente ans en Bohême (1618-1648) »
par Pavel Vareka, université d’Ouest-Bohème à Pilsen

12h30

« Archéologie de la bataille du Mans des 12 et 13 décembre 1793 : les corps témoins du conflit ? »
par  Elodie Cabot, Inrap

13h00

Discussions avec le public

13h30

Déjeuner libre

14h30

« L’exécution de masse de soldats français à Valence pendant la guerre d’indépendance en Espagne (1808-1814) »
par Marcos Miquel-Feucht, université de Valence

15h00

« Traces de l’esclavage – l’histoire oubliée de civils indigènes dans les camps de concentration britanniques pendant la Guerre des Boers (Afrique du Sud, 1899-1902) »
par Garth Benneyworth, McGregor Muséum, Afrique du Sud

15h30

Discussions avec le public

16h00

Pause

17h00

« La mort des ruines »
par  Alain Schnapp, université Paris 1

17h30

Discussions avec le public

18h00

Visite libre de l’exposition « Les Désastres de la guerre 1800-2014 »

Samedi 4 octobre 2014

IV – L’âge des extrêmes

Alors que l'historiographie des conflits contemporains a connu  un tournant, l'attention se porte moins sur les causes et les conséquences politiques des guerres et des dictatures que sur la nature même de la violence de masse, de ses acteurs, de son économie interne. C’est ainsi que l’archéologie s’est déployée dans le « médico-légal » (forensic archeology).
Il s’agit de l’application des principes, des techniques, et des méthodes de l’archéologie dans un contexte légal, lié ou non à des procédures en cours de justice ou de récupération de la mémoire. Sur quels enjeux l’archéologie se mobilise-t-elle dans le cadre de ces conflits contemporains, très diversifiés ? Qu’apporte-t-elle de nouveau ?

9h30

« Bataille de Fromelles (1916) : nommer les Morts, l’identification des morts au combat pendant la Première Guerre mondiale »
par Margaret Cox, PhD, Inforce Foundation, Cranfield Forensic Centre, Cranfield University, Shrivenham

10h00

« Violence physique, violence symbolique : archéologie de la guerre en Espagne (1936-1975) »
par Alfredo González-Ruibal, Institut des Sciences du Patrimoine (Conseil Supérieur espagnol de la Recherche Scientifique CSIC)  

10h30

Discussions avec le public

11h00

Pause

11h30

« Une cartographie de  la terreur nazie : études archéologiques dans les camps de travail et d’extermination de Treblinka »
par Caroline Sturdy Colls, université de Staffordshire

12h00

« Rassembler les pièces : exhumations de personnes disparues pendant le conflit en Bosnie-Herzégovine »
par Admir Jugo, Goldsmiths/université de Londres, et université de Sarajevo

12h30

Discussions avec le public

13h00

Déjeuner libre

14h30

« Application de l’archéologie médico-légale aux enquêtes sur les cas de violence politique, ethnique ou religieuse : un équilibre de 30 ans » 
par Luis Fondebrider, Equipe argentine d’archéologie médico-légale (EAAF)

15h00

« Rwanda, 1994-2014 : la photographie à l’épreuve des cadavres. Une anthropologie des images du génocide des Tutsi »
par Nathan Réra,  Labex CAP (HiCSA/INHA)

15h30

Discussions avec le public

16h00

Pause
Zoom:
Ce colloque bénéficie du label national "Centenaire.